Plus rare qu’un trèfle à quatre feuilles

Plus rare qu’un trèfle à quatre feuilles

 

Trifolium angulatum, juin 2015 © Conservatoire Botanique National de Brest
Trifolium angulatum, la quinzième espèce de trèfle pour la réserve naturelle © Conservatoire Botanique National de Brest

La réactualisation de l’inventaire floristique effectuée en 2011-2012 par le Conservatoire Botanique National de Brest a permis de recenser plusieurs espèces remarquables et nouvelles pour la réserve. Trois ans plus tard, grâce à l’identification d’échantillons conservés en herbier, ce travail nous apporte encore une surprise de taille avec la découverte d’un trèfle rarissime en France.


Répondant au nom de Trifolium angulatum, ce trèfle a été découvert sur deux parcelles de la réserve lors de relevés de terrain en mai-juin 2012. A l’époque, il avait d’abord été pris pour un de ses proches parents, le Trèfle de Micheli (Trifolium michelianum), espèce protégée en région Pays de la Loire, très présente dans les prairies humides du Marais poitevin. Cependant, intrigués par plusieurs critères (taille générale plus petite, diamètre des fleurs inférieur…), les botanistes du Conservatoire se sont penchés à nouveau sur leurs récoltes et ont pu, après vérifications, valider il y a peu leur exceptionnelle découverte.

Et exceptionnel est un mot bien faible quand on sait que l’aire de répartition de ce trèfle s’étend normalement du Caucase aux Balkans et à l’Europe centrale ! Dans notre pays, il n’a fait l’objet que de très rares mentions qui se comptent sur les doigts d’une main : dans l’Hérault et le Gard au XIXème siècle, les Vosges dans les années cinquante et enfin, la Loire à la fin des années 2000. Sa présence en France reste d’ailleurs relativement inexpliquée même pour les spécialistes les plus pointus et il se pourrait que l’espèce ait été introduite accidentellement par l’homme, voire amenée par des oiseaux migrateurs!

A la suite de recherches effectuées cet été, ce trèfle aux accents slaves a également été trouvé sur deux autres secteurs du Marais poitevin. A plus de 400 kilomètres des stations découvertes il y a quelques années dans le Massif central, le marais pourrait donc s’avérer être la zone de présence la plus occidentale de l’espèce. D’autres investigations seront sans nul doute menées sur la réserve et ailleurs dans les années à venir, ce qui devrait probablement permettre de préciser encore sa répartition…

Pour en savoir plus sur les végétaux de la réserve :

– Une flore plus qu’exceptionnelle

– De nouveaux trésors sur la réserve


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