A la recherche des bêtes qui sautent

A la recherche des bêtes qui sautent

 

Grâce au travail de cet automne, près de 30 espèces d'orthoptères sont maintenant recensées sur la réserve © F. Herbrecht
Le Dectique à front blanc (Decticus albifrons), l’une des découvertes de cet automne.

Regroupés dans la famille des orthoptères, les criquets, sauterelles et autre grillons sont depuis longtemps considérés comme d’excellents baromètres de la qualité d’un milieu naturel. Sur la réserve naturelle, faute de compétences, rien n’avait réellement été mené sur ces espèces depuis une vingtaine d’années. L’équipe de la réserve a donc fait appel au Groupe d’Etude des Invertébrés Armoricains (GRETIA) pour effectuer un complément d’inventaire et lui proposer des pistes de suivis spécifiques à mettre en place.


Grâce aux premiers inventaires menés à la fin des années 90 et à quelques observations plus aléatoires au début de la décennie suivante, le nombre d’orthoptères connus sur le site s’élevait seulement à une petite vingtaine. Sachant qu’environ 70 espèces sont connues sur l’ensemble de la Vendée, il était évident que de nombreuses espèces restaient encore à découvrir. Les prospections de cet automne ont donc été rapidement couronnées de succès puisqu’en quelques passages, ce ne sont pas moins de 8 nouvelles espèces qui ont été recensées.

La palme revient sans conteste à ces deux découvertes de taille réalisées le même jour en l’espace de quelques heures. La principale concerne le Criquet des pelouses (ou Criquet des jachères) dont c’est la première mention vendéenne. Cette petite espèce se rencontre plutôt dans la moitié est du pays et ses stations connues les plus proches étaient jusqu’à présent en Deux-Sèvres. Pour la seconde, une belle et grosse sauterelle répondant au nom de Dectique à front blanc, l’observation de cet automne fournit l’une des rares données connues en Vendée et confirme sa présence dans le département. D’origine méditerranéenne, elle remonte ça et là vers le nord et pourrait être favorisée par le réchauffement climatique.

Avec ces nouvelles espèces, les 200 hectares intégralement protégés de la réserve montrent une fois encore tout le potentiel offert à de très nombreuses espèces d’insectes. En une quarantaine d’années, c’est plus d’un millier d’espèces de coléoptères, papillons et autres odonates qui ont été inventoriés par de nombreux spécialistes ou le personnel du site. Ces nouvelles découvertes prouvent si besoin était qu’une réserve naturelle connue avant tout pour sa richesse en oiseaux ne se limite pas qu’à la préservation de ces derniers.