Si les mousses m’étaient contées…

Les mousses sont d'excellents bio-indicateurs de la qualité des milieux naturels.
Fissidens viridulus, une espèce plutôt rare en Pays de la Loire © T. Lefort/LPO

Si les mousses m’étaient contées…

Je suppose que Fissidens viridulus ou Drepanocladus aduncus ne vous disent pas grand-chose. Et bien rassurez-vous, parce que nous non plus ! Ou pas depuis très longtemps… Car si les plantes, les lichens ou les champignons avaient déjà fait l’objet d’inventaires plus ou moins poussés sur la réserve, rien jusqu’ici n’avait jamais été mené sur les mousses (ou bryophytes si l’on veut continuer à faire scientifique). Un premier travail sur ces espèces a donc été réalisé en 2019.

Si on ne peut pas réellement parler d’inventaire, l’ensemble du site n’ayant pas été couvert, 31 placettes représentatives de la végétation ont été échantillonnées par le chargé des suivis botaniques de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Réalisé en avril, ce suivi a permis la récolte d’une centaine d’échantillons qui ont tous été identifiés après avoir été examinés au microscope. En effet, car en plus de noms latins souvent imprononçables, la détermination de la plupart des espèces est généralement impossible à l’œil nu…

Au final, ce sont quatorze espèces qui ont été découvertes, un nombre plus élevé que celui espéré ! La bonne nouvelle de cette étude est que la présence d’espèces typiques des marais a pu être mise en évidence, ce qui montre la bonne santé des prairies humides de la réserve. Ensuite, si plusieurs espèces communes partout en France ont bien sûr été observées, quelques autres sont peu fréquentes, voire rares à l’échelle régionale. Et celles-ci s’ajoutent donc à la longue liste de végétaux menacés présents sur la réserve et prouvent une fois de plus son très grand intérêt botanique.

Enfin, cette étude montre également qu’il reste encore de nombreuses découvertes à faire sur ces végétaux plutôt méconnus à l’échelle du Marais poitevin. Sur la réserve, le suivi des placettes témoins sera reconduit sans doute tous les cinq ans. La réalisation d’un inventaire complet des bryophytes du site est bien sûr à l’étude avec, à la clef sans doute, de nouvelles trouvailles !

Si vous vous découvrez une nouvelle passion pour la bryologie (ou l'étude des mousses si vous préférez), ce document très complet devrait vous intéresser.


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